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Du nouveau pour 2009 : Lire-écouter-voir devient Samarra !

Après un an de bons et loyaux services, Lire-écouter-voir fait peau neuve. Nous allons désormais continuer ce qui a été entrepris sur un blog partenaire du site Mondomix consacré à toutes les musiques du monde.

Ce nouveau blog s'appelle Samarra et a démarré depuis quelques jours. Nous allons continuer à y publier des articles sur les sujets et les supports (BD, manga, musique, films, livres, peinture,...) qui ont fait le quotidien de Lire-écouter-voir en 2008.

Rendez-vous tout de suite sur Samarra !

mercredi 11 juin 2008

Les musiciens contre l'Apartheid: deuxième partie.

* Le grand trompettiste de jazz sud-africain, Hugh Masekela fuit l'Afrique du sud après le massacre de Sharpville en 1960. Aidé par Huddleston et certains de ses amis influents comme Yehudi Menuhin, il obtient une place au Guildhall School of Music à Londres. De 1960 à 1964, il suit les cours du Manhattan School of Music de Ne York et côtoie Harry Belafonte et sa compatriote Miriam Makeba qui devient bientôt sa femme (ils divorcent en 1966).
En 1968, il perce sur la scène pop américaine avec "Grazing in the Grass", un morceau écrit dans le style Mbaqanga.



Masekela attend 1980 avant de se réinstaller en Afrique, au Botswana. En 1990, l'Afrique du Sud accueille Nelson Mandela en tant qu'homme libre (en 1986, il enregistre en son honneur le titre "Bring Back Nelson Mandela, Bring Him Back Home to Soweto"). Masekela rentre alors chez lui.

* Johnny Clegg a su, lui aussi, exprimé et accompagné les changements majeurs de son pays. Six mois après sa naissance près de Manchester, l'enfant est confié à ses grands parents maternels en Rodhésie. C'est le nouveau mari de sa mère qui lui transmet sa passion de la culture africaine.

Il fréquente bientôt les ghettos noirs. Il se lie d'amitié avec un balayeur zoulou, Charlie Mzila, danseur et guitariste qui l'initie à la culture des "hostels", où le régime blanc parque les noirs. Avec son alter ego musical, Sipho Mchunu, il fonde le groupe Juluka (sueur en zoulou) composé de trois blancs et trois noirs, et devient le
promoteur de la culture zouloue. De 1979 à 1985, leurs sept albums remportent un immense succès, malgré la censure qui les prive de diffusion en radio. Leur style mélange musique pop-rock et musique zouloue traditionnelle.

En 1986, Johnny Clegg fonde le groupe Savuka ("nous nous sommes levés") qui rencontre un succès international, notamment en France, grâce au titre "Asibonanga", un titre hommage à Nelson Mandela, véritable hymne de la génération anti-apartheid. En mars 1990, un mois après la libération du "plus vieux prisonnier d'Afrique du sud", il se produit sept soir de suite dans un Zénith comble.

* Lucky Dube est un autre porte-parole de l'Afrique du sud anti-apartheid. Enfant miraculé, après les nombreuses fausses couches de sa mère, il fut surnommé Lucky. Elevé seul par sa mère, après le départ d'un père alcoolique, il fréquente les choeurs zoulous de l'église, puis il devient musicien de mbanquanga, sorte de jazz combiné aux sonorités africaines, très populaire dans les townships sud-africains.
La découverte des disques de Bob Marley et ses Wailers convainquent Lucky Dube d'opter pour le reggae. Son premier album "Rastas never die" sort en 1984 et est aussitôt interdit d'antenne.
Ses textes content les déboires de la nation arc-en-ciel, alors confrontée à un apartheid implacable.

Depuis la fin de cette terrible période, il s'intéresse aux nouvelle plaies qui ravagent le pays: le chômage (dont les noirs sont les premières victimes), la misère des quartiers pauvres, le sida qui décime la population, la violence endémique.



Lui qui chantait en 2001 "As-tu jamais pensé que tu pourrais quitter ta maison et y revenir dans un cercueil?" ne croyait pas si bien dire. Le 18 octobre 2007, il est abbatu par quatre individus qui tentaient de lui voler son véhicule, dans la banlieue de Johannesburg.

La ville est une des plus dangereuses du globe. Dans le pays, on dénombre 19 000 assassinats annuels, auxquels s'ajoutent viols, cambriolages... Aussi la mort de ce héraut de la lutte anti-apartheid est-elle symptomatique d'un pays encore très fragile.

Sources:
- F. Bensignor (dir)"Les musiques du monde", guide Totem Larousse, 2000.
- La nécrologie de Lucky Dube dans le magasine Vibration.

Liens utiles:
* Des interprètes étrangers s'intéressent aussi au sort des Sud-africains:
- Gil Scott Heron:"Johannesburg".
- Mandela Day des Simple Minds
- Peter Gabriel "Biko"
- The Specials AKA:"Free Nelson Mandela".

* Une carte de l'Afrique du sud de l'Apartheid sur Atlas-Historique.

* Un article du Monde sur le Asimbonanga de Johnny Clegg et Savuka.

* Les archives de Radio Canada: "Chronique d'une ségrégation", puis "Nelson Mandela enfin libre".

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