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Du nouveau pour 2009 : Lire-écouter-voir devient Samarra !

Après un an de bons et loyaux services, Lire-écouter-voir fait peau neuve. Nous allons désormais continuer ce qui a été entrepris sur un blog partenaire du site Mondomix consacré à toutes les musiques du monde.

Ce nouveau blog s'appelle Samarra et a démarré depuis quelques jours. Nous allons continuer à y publier des articles sur les sujets et les supports (BD, manga, musique, films, livres, peinture,...) qui ont fait le quotidien de Lire-écouter-voir en 2008.

Rendez-vous tout de suite sur Samarra !

mardi 8 juillet 2008

Les chants de la libération du Zimbabwe.

Dans la Rhodésie du sud des années 1950 et 1960, 33000 blancs se partagent les richesses au détriment de millions de Noirs. Le racisme institutionnalisé, la ségrégation implacable et la vague d'indépendance qui déferle sur le continent africain encouragent le nationalisme zimbabwéen, mais il faut attendre 1980 pour que le pays accède enfin à l'indépendance. Ici, nous allons revenir plus particulièrement sur la lutte en musique des artistes du pays (pour en savoir plus sur l'histoire du pays).


Stella Chiweshe au Africa festival en 2006.

Dans les années 1970, la République de Rhodésie, dirigée par le gouvernement blanc Ian Smith, est contestée par la guérilla menée par la Zimbabwe African National Union (ZANU). Avec leurs moyens, les musiciens prennent part au combat pour l'indépendance du pays en développant les chimurenga songs, les chants de la guerre de libération qui introduisent des messages politiques dans les formes musicales inspirées des mélodies traditionnelles d'hommage aux ancêtres. Les autorités interdisent alors ces pratiques musicales traditionnelles, notamment l'usage du mbira, le piano à pouce, à lames métalliques, cher aux shona, l'ethnie majoritaire au Zimbabwe (80% de la population du pays.

Le mbira, le piano à pouce, à lames métalliques.

A l'indépendance du Zimbabwe, en 1980, Stella Chiweshe, une des très rares femmes marizambira (un musicien animant les cérémonies familiales bira, au cours desquelles les esprits des ancêtres sont appelés à s'exprimer par la bouche d'un médium, le joueur de mbira) est élevée au rang de symbole national. Elle accède alors à une carrière internationale qui lui permet de faire découvrir la musique shona dans le monde entier.



Stella Chiweshe

* Un nouveau genre apparaît bientôt le chimurenga, qui associe instruments traditionnels et musique pop. Le terme chimurenga est le nom donné par les guérilleros à la lutte pour l'indépendance. Cette musique véhicule des messages de cohésion à l'adresse des shona, dont la langue est difficilement compréhensible par les colons. Le chef de file de cette musique est Thomas Mapfumo.

* Thomas Mapfumo est l'instigateur du style musical Chimurenga. Celui qui fut surnommé "Le lion du Zimbabwé" dénonce dans ses compositions en langue shona le régime d'apartheid mené par la minorité blanche, sur fond de musique traditionnelle teintée d'accents rock et pop. Butsu Mutandarika dénonce les exactions de la guerre entre l'armée et la guérilla et utilise des métaphores afin de contourner la censure. Il sera néanmoins arrêté en 1978. Il se trouve aux côtés de Bob Marley lorsque celui-ci se produit à Harare, le 17 avril 1980, lors des festivités célébrant l'indépendance du pays (La Rhodésie du sud devient le Zimbabwe).




Une fois l'indépendance acquise, Mapfumo poursuit son œuvre et dénonce à de nombreuses reprises le Zimbabwe de Mugabe: la corruption, la misère, les violences. Exilé aux Etats-Unis, il perpétue le combat.

1 commentaire:

M.AUGRIS a dit…

C'est la première fois que j'entends parler de la musique du Zimbabwe, merci Julien !