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Du nouveau pour 2009 : Lire-écouter-voir devient Samarra !

Après un an de bons et loyaux services, Lire-écouter-voir fait peau neuve. Nous allons désormais continuer ce qui a été entrepris sur un blog partenaire du site Mondomix consacré à toutes les musiques du monde.

Ce nouveau blog s'appelle Samarra et a démarré depuis quelques jours. Nous allons continuer à y publier des articles sur les sujets et les supports (BD, manga, musique, films, livres, peinture,...) qui ont fait le quotidien de Lire-écouter-voir en 2008.

Rendez-vous tout de suite sur Samarra !

mercredi 3 décembre 2008

Aya de Yopougon : une géographie intime et subjective d'Abidjan

Aya de Yopougon, c'est un peu la Côte d'Ivoire de papa, celle du temps du "Vieux", Félix Houphoët-Boigny. Celui-ci a été ministre en France sous la IVème République avant de devenir le premier président de la République de Côte d'Ivoire lors de l'indépendance en 1960. Il est ensuite constamment réélu et parvient à faire du pays un modèle de développement, basé notamment sur l'exploitation du cacao. C'est l'époque où la Côte d'Ivoire est étudiée en géographie en terminale (voir ci-dessous un extrait du manuel de géo de terminale Magnard, 1989). Il meurt le 7 décembre 1993, le jour de la fête nationale.


Notre héroïne, Aya, grandit donc à Abidjan, la capitale économique du pays, à la fin des années 1970 et au début des années 1980. Les difficultés existent et ne sont pas cachées, (pauvreté, corruption,...) au contraire, par Marguerite Abouët, l'auteur (elle-même née à Abidjan en 1971), et Clément Oubrerie, le dessinateur. Mais ces difficultés n'ont pas encore conduit le pays vers la crise politique et la guerre civile que connaît le pays depuis la fin des années 1990. La Côte d'Ivoire des années 1980 n'est pas encore celle où "l'un cultive sa différence et l'autre son ivoirité" pour reprendre les mots de Tiken Jah Fakoly.

Aya est une "go" (jeune fille) qui vit à Yopougon, un quartier plutôt déshérité et excentré à l'Ouest d'Abidjan, la capitale économique. Tandis que ses copines ne pensent qu'à leur apparence et aux garçons, Aya cultive son originalité et pense avant tout à ses études. Si beaucoup font d'elle leur favorite pour l'élection de Miss Yopougon, elle ne voit pas l'intérêt de participer à ce concours qui met en ébullition tout le quartier et au-delà.
En effet, au-delà de "Yop-city", la BD est un portrait de la vie abidjanaise de ces années. Le auteurs nous proposent ainsi une géographie subtile et subjective des quartiers de la ville et des lieux qui y comptent. Petit aperçu :
- Cocody où vivent les classes supérieures enrichies grâce à l'essor économique du pays. C'est le cas du PDG de la Solibra dont le fils, caricature d'héritier sans talent, n'a d'yeux que pour les go de Yop. C'est là que se trouve le fameux Hôtel Ivoire, point de ralliement de tous les expatriés et vitrine d'un "parigot" (un émigré à Paris) pour y inviter les filles et les épater.
- Les maquis, ces restaurants en plein air où l'on peut danser sont les lieux où se déroulent beaucoup de conversations importantes, notamment lorsque les hommes débattent des mérites respectifs des deux équipes de foot mythiques d'Abidjan, l'Asec et Africa Sports en sirotant une Flag bien fraîche...
- Quand les personnages sortent d'Abidjan, c'est pour retourner au village où chacun a ses racines. Ou encore à Yamoussoukro, au centre du pays, en pays baoulé, le village natal d'Houphouët-Boigny devenu capitale.

En parcourant la ville et en suivant les personnages, on entend une langue familière et étrange à la fois. Un glossaire des termes est judicieusement placé à la fin de chaque tome pour guider le béotien.
Je n'ai pas réussi à retrouver les musiques dont les paroles sont parfois écrites dans la BD.

Marguerite Abouët et Clément Oubrerie, Aya de Yopougon, Gallimard (3 tomes parus)

Un tome 4 est annoncé pour bientôt, à surveiller de près. En attendant voici deux extraits :



Retrouvez le dossier Samarra en Afrique (BD, musique, films)

2 commentaires:

Nico a dit…

J'ai beaucoup aimé cette saga, fort divertissante et dépaysante, en plus d'être drôle et bien rythmée. J'ai également aimé le dessin. Même si j'aurais souhaité un peu plus de réflexion et de profondeur de façon générale, il reste que c'est une saga d'une très bonne qualité, que l'on peut apprécier même sans être fan de BD.

M.AUGRIS a dit…

Entièrement d'accord. L'histoire parvient cependant bien à nous parler de la Côte d'Ivoire sans être trop "professorale".
Aug